PCPILOTE


SITE ARCHIVES DU PROJET PILOTE ET EXPERIMENTAL — JANV 2014 / SEPT 2016 — PHASE 1 DU PCP —

Pôle de Création Partagée → phase 1 pilote → était situé 7 Chemin du Relais → à 44600 Saint-Nazaire → sous l'adresse pcp.saint-nazaire.cc → information
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Mission du PCP




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(avril 2014)



Espace atelier, Florelle Pacot

L'art d'aujourd'hui est notre patrimoine de demain et notre culture en mouvement dont chacun est bénéficiaire et dépositaire.

Si la culture a une économie propre et articulée, il n'en est pas de même pour la création et l'art dans leurs aspects les plus expérimentaux et les plus engagés.

À la fois la culture et l'art sont matériels et immatériels, visible et invisibles; et à la fois, paradoxalement, la culture peut miser sur la seule visibilité (en tant qu'industrie et à destination d'un public “large”), et l'art être contraint à l'invisibilité (où il peut retrouver ses fondements: les petites modifications et les moindres renversements du monde perçu, vécu et conçu).

Le Département de Loire-Atlantique a vu juste en proposant une aide et un accompagnement aux artistes par la proposition d'ateliers.
Et APO33 avec ce projet pilote et expérimental que nous concevons et construisons ensemble depuis maintenant presque 3 mois, le PCP Pôle de Création Partagée, sait depuis longtemps que la situation des artistes est devenue précaire et paupérisée au fur et à mesure des années, et que quand la création artistique ne peut plus s'engager pleinement, notre propre engagement, à chacun et à tous, diminue et nous devenons soumis à de multiples logiques qui sont beaucoup moins autonomes, émancipatrices et écologiques.
APO33 en tant que collectif d'artistes ne pouvait que proposer qu'un tel projet s'organise avec les artistes eux-mêmes. Le PCP n'est pas une structure de plus — ici la hiérarchie et la gestion ne sont pas des principes —, il propose une structuration par l'action et l'engagement de chacun des artistes présents.

Espace atelier, Minhee Kim

Si la force méconnue des artistes est d'être dans une adaptation continuelle à toutes les situations de notre société, voire même de la constituer à l'égal de tous par les fabrications de nos imaginations et des perceptions que nous en avons, elle demande aussi la construction d'une grande liberté. Celle-ci commence et germe en atelier, et être artiste est être jamais seul et isolé. Au contraire c'est raccorder ensemble les imaginations et les engagements de tous, au-delà des conflits, des consensus, des frontières, etc. L'atelier d'artiste d'aujourd'hui est constitué de multiples espaces: matériel, immatériel, mental, social, technique, etc. insérés et enchevêtrés dans nos quotidiens. L'atelier est partout en quelque sorte.

Si Joseph Beuys parle de sculpture sociale et énonce que chacun est artiste, sa vision tendait vers une expérience esthétique de notre monde à tout moment. C'est devenu une urgence aujourd'hui: la création artistique n'est pas une alternative à toutes nos situations: économiques, industrielles, politiques, philosophiques, éducatives, sociales, etc.; mais elle doit concevoir et fabriquer des alternatives avec toutes les autres initiatives tant notre monde est devenu complexe, opaque et compressé.

Le PCP par son fonctionnement spécifique tente de répondre à ce manque d'espaces et de lieux et à ces désajustements vécus et observés, en mettant en place ce projet qui est organisé par les artistes eux-mêmes. Au-delà de la juxtaposition d'ateliers, nous savons tous que réunir des artistes dans un même lieu crée des synergies insoupçonnées et imprévisibles. Si la pratique artistique est une décision individuelle et volontaire (d'où la nécessité de “concevoir” son atelier, d'avoir la place de le laisser dériver, et de se permettre d'expérimenter, et bien entendu d'en avoir le temps), elle participe en même temps à des communs, aussi exotiques, décentrés, et reconnaissables par tous et tout un chacun, soient-ils. Le paradoxe de l'atelier, être un laboratoire confiné et à la fois ouvert (trans-localisé, trans-historique, trans-culturel, etc.), fait partie des constructions sociales. C'est le pari du PCP.

Avant-projet Vitrines, Dominique Leroy

Ici, avec une économie minimum, nous organisons des énergies qui se propulsent sur les territoires à l'extérieur de ce lieu-même, vers la ville, le département, la région et bien au-delà. Dans l'art, les territoires n'ont pas de frontières, et il génère également des proximités, de cette rue à la ville même, et fait rayonner tous les espaces de la ville. Il ne s'agit pas de designer la ville, les territoires et nos vies, ou de les rendre cosmétiques, mais de proposer à ceux-ci des fabrications, des perceptions et des expériences esthétiques d'une autre manière, “en plein air”, “hors les murs”, “extra-muros”, in vivo.

Un autre pari du PCP est de favoriser l'engagement des artistes dans des visions sociétales et sociales et de montrer que des artistes en collectif est plus qu'une somme d'artistes rassemblés, que leurs trajectoires et projets tissent des avenirs dont chacun peut s'emparer et s'approprier à son échelle. Ici la situation ne se veut pas solipsiste, fermée sur elle-même, protégée et préservée, bien au contraire.
Pour cela, ce lieu n'est pas sélectif, chacun décide de s'y inscrire ou pas, il se veut accueillant. Nous recevons beaucoup de demandes depuis deux mois, pour pouvoir travailler en atelier sur des durées variables, plus ou moins longues, et il va nous falloir, tous, envisager comment encore mieux partager la création et accueillir d'autres artistes, quelque soit leur âge, genre, expérience et pratique, à partir du moment que chacun est engagé dans une pratique ouverte, certainement moins commerciale et démonstrative qu'ailleurs. Les statuts, professionnel, amateur, et toutes les combinaisons possibles entre eux, n'ont pas de prise ici, seul l'engagement singulier dans un dépassement du lieu et de sa propre pratique est une sorte de curseur que chacun décide, en coexistence avec tout le reste.

Salle d'essai, projets communs, Mathilde Fenoll, Céline Drouin

La visée d'un tel projet est certainement de participer pleinement à la communauté artistique, et plus largement à la société, en faisant monter en puissance un espace de création et de production. Une meilleure perception de la place et de l'activité de la création permet de mieux comprendre et agir dans la complexité du monde actuel. La question est au centre des relations entre l'homme et le monde. Pour les artistes, il s'agit en quelque sorte de “monter le niveau” (pour chacun et pour tous): la création n'est pas subsidiaire, secondaire et décorative, elle permet d'affirmer la détermination (et l'auto-détermination) face à des systèmes, comme moyen de la liberté. Il y a de moins en moins de leviers de liberté et de libération dans nos quotidiens, malgré ce que nous promettent les désirs de l'économie financière, de l'industrie, des technologies, de la politique, des idéologies, de la puissance hiérarchique, de la notoriété, etc., et, ceci, sans que nous ayons à comprendre comment et en quoi elles nous engagent. Il s'agit de proposer à présent une vision sociale de l'art dans tous les registres de la société.
L'art et la création sont des choix “doux” là où des décisions “dures” et de force sont de fait, que ces dernières soient stratégiques, dans des logiques d'intérêt ou encore de confiscation. Le projet du PCP va dans le sens du “doux” (la pratique artistique est elle-même douce), loin d'occuper ou de percer pour exister, il existera sans conditions et laissera les choses venir d'elles-mêmes parce que ce sont les artistes présents qui le font dans le présent.
L'objectif du PCP/APO33 est de continuer de s'engager vers un tel horizon et de continuer cette expérience (pilote) à destination, et avec, des artistes, des publics et des collectivités.







  • Poursuivre la lecture:

les dispositifs/projets collectifs PCP

Congrès #14, L'Art prend L'Air, avec tous les artistes du PCP

Avant-projets Vitrines, Instants Fertiles, Ollivier Moreels, Louise Gros

Préparation du projet Selfilm, Street Session, Ollivier Moreels, Jean-François Rolez, Romain Papion

Potentia, le jardin potager au PCP, Wilfried Nail et Thomas Bernardi