PCPILOTE


SITE ARCHIVES DU PROJET PILOTE ET EXPERIMENTAL — JANV 2014 / SEPT 2016 — PHASE 1 DU PCP —

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Les Imaginaires du PCP

Salomon Kétorza


Dès sa création, le cinématographe est conçu comme un instrument de foire. On s’approche et on s’étonne de ces images animées qui défilent sous ses yeux. Pour la première fois, la vie est reproduite sur un écran. À la pointe de la technologie, les baraques foraines sont les nouvelles attractions à la mode. À Nantes entre 1896 et 1909, plus de vingt forains viennent présenter des films lors des foires d’été et d’hiver. Les Nantais sont prêts. Il ne leur manque qu’un cinéma.
Le 26 novembre 1898, Salomon Kétorza adresse un courrier au Maire de Nantes pour prévenir de l’installation de sa baraque pour la foire d’hiver, 27m de long sur 8m de profondeur. Un train de 14 wagons est nécessaire pour la transporter ! Il s’agit d’un cinéma ambulant avec un orgue “remplaçant 140 musiciens” et un moteur “remplaçant 50 chevaux”. De l'attraction foraine au cinéma qui portera son nom, c'est l'évolution du cinéma depuis son invention en tant que curiosité et outil scientifique au statut de septième art que nous vous invitons à découvrir à travers l'exemple de ce pionnier nantais.
Né en 1863 en Tunisie, Salomon se promène donc avec son cinéma sur rails et se rapproche régulièrement de Nantes, il va ainsi marquer de son nom une ville, un lieu et toute une cinéphilie.
Il loue l'Apollo, salle de cinéma située rue Racine et il finit par acheter en 1920 un ancien dancing, rue Corneille, qu'il transforme en cinéma.Il transformera ainsi l'Elysée Graslin (devenu Petit Casino puis Cinéma Théâtre Variétés puis Femina) en caf’ conc’ rebaptisé Katorza le 04 juin 1920. Sa femme y improvisera au piano la musique des films. Salomon Kétorza meurt le 08 septembre 1928.

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Émile Zola, de Saint-Nazaire à Piriac


En 1875, Zola écrit à son ami éditeur Charpentier qu’il veut découvrir la Bretagne. Ils partent ensemble explorer la région de Saint-Nazaire en juillet 1876 et découvrent une maison à louer à Piriac-sur-mer. Ils s’y installent et leurs femmes les rejoignent. Zola est en plein dans l’écriture de L’Assommoir et prend un temps de repos. Il trouve que ce bout de Bretagne rappelle par certains aspects la Provence et admire la cité médiévale de Guérande. En septembre, les Zola sont de retour à Paris.

Un ami avait enseigné à M. Chabre la petite plage du Pouliguen, près de Saint-Nazaire. Mme Chabre, après un voyage de douze heures, s’ennuya beaucoup, pendant la journée qu’ils passèrent à Saint-Nazaire, dans cette ville naissante, avec ses rues neuves tracées au cordeau, pleines encore de chantiers de construction. Ils allèrent visiter le port, ils se traînèrent dans les rues, où les magasins hésitent entre les épiceries noires des villages et les grandes épiceries luxueuses des villes. Au Pouliguen, il n’y avait plus un seul chalet à louer. Les petites maisons de planches et de plâtre, qui semblent entourer la baie des baraques violemment peinturlurées d’un champ de foire, se trouvaient déjà envahies par des Anglais et par les riches négociants de Nantes. D’ailleurs, Estelle faisait une moue, en face de ces architectures, dans lesquelles des bourgeois artistes avaient donné carrière à leur imagination.
On conseilla aux voyageurs d’aller coucher à Guérande. C’était un dimanche. Quand ils arrivèrent, vers midi, M. Chabre éprouva un saisissement, bien qu’il ne fût pas de nature poétique. La vue de Guérande, de ce bijou féodal si bien conservé, avec son enceinte fortifiée et ses portes profondes, surmontées de mâchicoulis, l’étonna. Estelle regardait la ville silencieuse, entourée des grands arbres de ses promenades ; et, dans l’eau dormante de ses yeux, une rêverie souriait. Mais la voiture roulait toujours, le cheval passa au trot sous une porte, et les roues dansèrent sur le pavé pointu des rues étroites. Les Chabre n’avaient pas échangé une parole.
« Un vrai trou ! murmura enfin l’ancien marchand de grains. Les villages, autour de Paris, sont mieux bâtis. »
[…]
Un matin, trois jours après l’installation du ménage à Piriac, M. Chabre, debout sur la plateforme de la jetée qui protège le petit port, surveillait placidement le bain d’Estelle, en train de faire la planche. Le soleil était déjà très chaud ; et, correctement habillé, en redingote noire et en chapeau de feutre, il s’abritait sous une ombrelle de touriste, à doublure verte.
[…]
Estelle ne répondit pas, battant l’eau de ses bras, nageant en chien. D’une hardiesse garçonnière, elle se baignait pendant des heures, ce qui consternait son mari, car il croyait décent de l’attendre sur le bord. À Piriac, Estelle avait trouvé le bain qu’elle aimait. Elle dédaignait la plage en pente, qu’il faut descendre longtemps, avant d’enfoncer jusqu’à la ceinture. Elle se rendait à l’extrémité de la jetée, enveloppée dans son peignoir de molleton blanc, le laissait glisser de ses épaules et piquait tranquillement une tête. Il lui fallait six mètres de fond, disait-elle, pour ne pas se cogner aux rochers. Son costume de bain sans jupe, fait d’une seule pièce, dessinait sa haute taille ; et la longue ceinture bleue qui lui ceignait les reins la cambrait, les hanches balancées d’un mouvement rythmique. Dans l’eau claire, les cheveux emprisonnés sous un bonnet de caoutchouc, d’où s’échappaient des mèches folles, elle avait la souplesse d’un poisson bleuâtre, à tête de femme, inquiétante et rose.
[…]
L’admirable journée ! Et Hector indiquait à Estelle plusieurs points des côtes. Là, ce village, à un kilomètre de Piriac, c’était Port-aux-Loups ; en face se trouvait le Morbihan, dont les falaises blanches se détachaient avec la netteté d’une touche d’aquarelle ; enfin de l’autre côté, vers la pleine mer, l’île Dumet faisait une tache grise, au milieu de l’eau bleue. Estelle, à chaque indication, suivait le doigt d’Hector, s’arrêtait un instant pour regarder. Et cela l’amusait de voir ces côtes lointaines, les yeux au ras de l’eau, dans un infini limpide. Quand elle se tournait vers le soleil, c’était un éblouissement, la mer semblait se changer en un Sahara sans bornes, avec la réverbération aveuglante de l’astre sur l’immensité décolorée des sables.
— Comme c’est beau ! murmurait-elle, comme c’est beau !
Elle se mit sur le dos pour se reposer. Elle ne bougeait plus, les mains en croix, la tête rejetée en arrière, s’abandonnant. Et ses jambes blanches, ses bras blancs flottaient.
[…]
La vie, à Piriac, était d’une monotonie ensommeillée. Il y avait seulement trois familles de baigneurs, un épicier en gros de Nantes, un ancien notaire de Guérande, homme sourd et naïf, un ménage d’Angers qui pêchait toute la journée, avec de l’eau jusqu’à la ceinture. Ce petit monde faisait peu de bruit. On se saluait, quand on se rencontrait, et les relations n’allaient pas plus loin. Sur le quai désert, la grosse émotion était de voir de loin en loin deux chiens se battre.
[…]
La mer baissait toujours, se reculait à plus d’un kilomètre des côtes. Le fond de galets et de roches se vidait, étalant à perte de vue un désert mouillé, raboteux, d’une grandeur triste, pareil à un large pays plat qu’un orage aurait dévasté. On ne voyait, au loin, que la ligne verte de la mer, s’abaissant encore, comme si la terre l’avait bue ; tandis que des rochers noirs, en longues bandes étroites, surgissaient, allongeaient lentement des promontoires dans l’eau morte. Estelle, debout, regardait cette immensité nue.
[…]
— Vous ne pouvez pas quitter la côte sans avoir vu les rochers du Castelli, dit un soir Hector. Il faudrait organiser pour demain une promenade.
Et il donna des explications. Les rochers se trouvaient à un kilomètre seulement. Ils longeaient la mer sur une demi-lieue d’étendue, creusés de grottes, effondrés par les vagues. À l’entendre, rien n’était plus sauvage.
[…]
Une crique se creusait, emplie d’un écroulement gigantesque de roches. Des blocs énormes se tenaient debout, comme des sentinelles avancées, postées au milieu des vagues. Le long des falaises, les gros temps avaient mangé la terre, ne laissant que les masses dénudées du granit ; et c’étaient des baies enfoncées entre des promontoires, des détours brusques déroulant des salles intérieures, des bancs de marbre noirâtre allongés sur le sable, pareils à de grands poissons échoués. On aurait dit une ville cyclopéenne prise d’assaut et dévastée par la mer, avec ses remparts renversés, ses tours à demi démolies, ses édifices culbutés les uns sur les autres. Hector fit visiter à la jeune femme les moindres recoins de cette ruine des tempêtes. Elle marchait sur des sables fins et jaunes comme une poudre d’or, sur des galets que des paillettes de mica allumaient au soleil, sur des éboulements de rocs où elle devait par moments s’aider de ses deux mains, pour ne pas rouler dans les trous. Elle passait sous des portiques naturels, sous des arcs de triomphe qui affectaient le plein cintre de l’art roman et l’ogive élancée de l’art gothique. Elle descendait dans des creux pleins de fraîcheur, au fond de déserts de dix mètres carrés, amusée par les chardons bleuâtres et les plantes grasses d’un vert sombre qui tachaient les murailles grises des falaises, intéressée par des oiseaux de mer familiers, de petits oiseaux bruns, volant à la portée de sa main, avec un léger cri cadencé et continu. Et ce qui l’émerveillait surtout, c’était, du milieu des roches, de se retourner et de retrouver toujours la mer, dont la ligne bleue reparaissait et s’élargissait entre chaque bloc, dans sa grandeur tranquille.

Émile Zola, nouvelle « Les coquillages de Monsieur Chabre » (1876)

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Piriac, la pointe du Castelli






Eugène Boudin


Compte rendu du Salon de 1859 par Charles Baudelaire au sujet des oeuvres d'Eugène Boudin :

“Oui, l'imagination fait le paysage. Je comprends qu'un esprit appliqué à prendre des notes ne puisse pas s'abandonner aux prodigieuses rêveries contenues dans les spectacles de la nature présente; mais pourquoi l'imagination fuit-elle l'atelier du paysagiste? Peut-être les artistes qui cultivent ce genre se défient-ils beaucoup trop de leur mémoire et adoptent-ils une méthode de copie immédiate qui s'accommode parfaitement à la paresse de leur esprit.
S'ils avaient vu comme j'ai vu récemment, chez M. Boudin qui, soit dit en passant, a exposé un fort bon et fort sage tableau “le Pardon de sainte Anne Palud”, plusieurs centaines d'études au pastel improvisées en face de la mer et du ciel, ils comprendraient ce qu'ils n'ont pas l'air de comprendre, c'est-à-dire la différence qui sépare une étude d'un tableau. Mais M. Boudin, qui pourrait s'enorgueillir de son dévouement à son art, montre très modestement sa curieuse collection. Il sait bien qu'il faut que tout cela devienne tableau par le moyen de l'impression poétique rappelée à volonté; et il n'a pas la prétention de donner ses notes pour des tableaux. Plus tard, sans aucun doute, il nous étalera, dans des peintures achevées, les prodigieuses magies de l'air et de l'eau.
Ces études, si rapidement et si fidèlement croquées d'après ce qu'il y a de plus inconstant, de plus insaisissable dans sa forme et dans sa couleur, d'après des vagues et des nuages, portent toujours, écrits en marge, la date, l'heure et le vent; ainsi, par exemple: 8 octobre, midi, vent de nord-ouest. Si vous avez eu quelquefois le loisir de faire connaissance avec ces beautés météorologiques, vous pouvez vérifier par mémoire l'exactitude des observations de M. Boudin. La légende cachée avec la main, vous devineriez la saison, l'heure et le vent. Je n'exagère rien. J'ai vu. A la fin tous ces nuages aux formes fantastiques et lumineuses, ces ténèbres chaotiques, ces immensités vertes et roses, suspendues et ajoutées les unes aux autres, ces fournaises béantes, ces firmaments de satin noir ou violet, fripé, roulé ou déchiré, ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu, toutes ces profondeurs, toutes ces splendeurs, me montèrent au cerveau comme une boisson capiteuse ou comme l'éloquence de l'opium.
Chose assez curieuse, il ne m'arriva pas une seule fois, devant ces magies liquides ou aériennes, de me plaindre de l'absence de l'homme. Mais je me garde bien de tirer de la plénitude de ma jouissance un conseil pour qui que ce soit, non plus que pour M. Boudin. Le conseil serait trop dangereux. Qu'il se rappelle que l'homme, comme dit Robespierre, qui avait soigneusement fait ses humanités, ne voit jamais l'homme sans plaisir; et, s'il veut gagner un peu de popularité, qu'il se garde bien de croire que le public soit arrivé à un égal enthousiasme pour la solitude.”
— (Baudelaire, Curiosités Esthétiques, Salon de 1859. VIII. Le Paysage)

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Gustave Flaubert voyage


Par les champs et par les grèves, par Gustave Flaubert et son ami Maxime Du Camp, est un récit de voyage en Bretagne, publié en 1881. En 1847, Gustave Flaubert et son ami Maxime du Camp partent de Paris vers l’ouest pour un voyage de plusieurs semaines… De Vannes à Fougères, à pied, en diligence ou en canot, ils arpentent landes et grèves, visitent chapelles et monuments, dînent à l’auberge, participent aux fêtes… puis, chacun à son tour, racontent leur périple.
Pour Flaubert, ce voyage a été “une fort jolie excursion”. Sacs au dos et souliers ferrés, ils ont fait tous deux 160 lieues dans des conditions parfois difficiles. Il est très satisfait de son expédition, impressionné par la mer, « le grand air, les champs, la liberté, j’entends la vraie liberté, celle qui consiste à dire ce qu’on veut, à penser tout haut à deux, et à marcher à l’aventure en laissant derrière vous le temps passer sans plus s’en soucier que de la fumée de votre pipe qui s’envole. »
La Vie humaine a de beaux moments », notait Honoré de Balzac (1799-1850), inspiré par une longue promenade en presqu'île guérandaise. Comme Stendhal et Flaubert, premiers « touristes » de la littérature, ce forçat de la plume aimait nourrir ses oeuvres de notes glanées par les champs et les grèves. En ce printemps 1830, il fêtait le succès des « Chouans », premier d'une longue série de 85 romans, et avait rejoint sa maîtresse Laure de Berny en Touraine. Elle lui proposa alors « le plus poétique voyage qui soit possible en France ». Le 4 juin, ils embarquèrent sur un pyroscaphe à Saumur, descendirent la Loire par Angers et Saint-Nazaire, et de là empruntèrent la patache du voiturier Bernus, une sorte de malle-poste brinquebalante.

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Par les champs et par les grèves, p.81 Par les champs et par les grèves, p.82
Par les champs et par les grèves, p.83 Par les champs et par les grèves, p.84






Jean-Baptiste Corot à Batz-sur-Mer


Inclassable, l'art de Jean-Baptiste Corot (1796-1875) est une synthèse très personnelle du classicisme par la sobriété de la composition, de la peinture du XVIII e siècle par l'animation de la touche, du romantisme par le lyrisme et la liberté, et du réalisme par la véracité des paysages. Certaines simplifications annoncent le XXe siècle. Ainsi, si Jean-Baptiste Corot a représenté la fontaine de Batz-sur-Mer, il a effacé du paysage la chapelle Notre-Dame du Murier et la monumentale tour de l'église de Saint-Guénolé qui sert d'amer (point de repère) aux marins. Le peintre n'est pas venu en Bretagne peindre le folklore anecdotique. Il cherche surtout des effets plastiques. L'atmosphère de la fontaine de Batz-sur-Mer devient orientale comme l'on d'ailleurs noté de nombreux voyageurs et écrivains qui sont passés par les alentours de Guérande, notamment Balzac.

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 Bretonnes à la fontaine. Bourg de Batz

Jean-Baptiste Corot, Bretonnes à la fontaine. Bourg de Batz, 1826






William Turner à la Roche Bernard


William Turner (1775-1851), peintre romantique anglais, devient par sa recherche sur la lumière, le précurseur des impressionnistes. Il immortalisa la ville de la Roche-Bernard lors de son passage en 1826, dans ses fameux carnets, soit quatre gravures aujourd'hui exposées à la Tate Gallery à Londres.

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 Joseph Mallord William Turner - La Roche-Bernard from up the River Vilaine, 1826  Joseph Mallord William Turner - La Roche-Bernard, from the West, 1826
 Joseph Mallord William Turner - Two Sketches of La Roche-Bernard - A View down River, and a View up the Village Street beside the Rocks, with a Diligence, 1826  Joseph Mallord William Turner - La Roche-Bernard from the South-West, 1826






Michel-Ange à Saint-Nazaire


Sculptées entre 1866 et 1868, les répliques du Jour et de la Nuit de Michel-Ange encadraient l’horloge publique placée sur le fronton de l’ancienne gare de Saint-Nazaire. Après la mise en service de la nouvelle gare en 1954, l’ancienne fut rachetée par un entrepreneur qui confia alors les statues à son gendre. Ce dernier les conserva dans sa propriété à Missillac, où elles ont été retrouvées en 1997, alors que tout le monde les pensait perdues. Données à la ville par son héritière, elles sont depuis lors conservées au Parc des Expositions au Petit Maroc et non visibles au public.

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Michel-Ange, Tombeau de Giuliano de' Medici, 1534, marbre, basilique de San Lorenzo, Florence










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