PCPILOTE


SITE ARCHIVES DU PROJET PILOTE ET EXPERIMENTAL — JANV 2014 / SEPT 2016 — PHASE 1 DU PCP —

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Les Imaginaires du PCP

Agnès Varda, Ô saisons, ô châteaux


Ô saisons, Ô châteaux. Un film d'Agnès Varda, 1957. Court métrage documentaire. 22 minutes. 35 mm - 1/33. Couleur.
Promenade autour des châteaux de la Loire montrés par ordre chronologique (de construction) avec commentaires, poèmes du XVIe siècle et réflexions de jardiniers, peintres du dimanche et jazz.
Commentaire dit par Danièle Delorme. Poèmes de Pierre de Ronsard, Charles d’Orléans, François Villon et Clément Marot dits par Antoine Bourseiller. Mannequins : Clotilde Jano et Nina Peinado. Bande originale : André Hodeir – Jazz groupe de Paris.
Tournages le long de la Loire et notamment aux Folies Siffait.

« Plus je vois ce court-métrage d’Agnès Varda, plus je l’aime. À Cannes, il fut acclamé par le public et c’est justice. On y trouve fantaisie, goût, intelligence, intuition et sensibilité, cinq vertus dont aucune ne devrait jamais faire défaut dans les films. Agnès Varda s’amuse en tournant ses films, afin que nous puissions nous amuser en les voyant. » F. Truffaut, Les Cahiers du Cinéma
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Art Moderne sur l'avenue de la République


Répartition des commerces, 1955

Répartition des commerces, 1955






Alan Lomax et Mayun (Brière)


Alan Lomax (1915-2002) est un très célèbre ethnomusicologue, folkloriste, musicologue et collecteur de musiques américain, probablement le plus célèbre dans le public des non-spécialistes. Il a surtout collecté la musique des États-Unis et des Caraïbes, et des nations européennes qui ont influencé cette musique, mais il a travaillé dans le monde entier. Il eut aussi une carrière d'interprète et de producteur, notamment pour Leadbelly (Huddie Ledbetter) et Woody Guthrie. — Source: Wikipedia

La campagne d'enregistrements en France (1949) a été produite par l'ethnomusicologue Claudie Marcel-Dubois, qui notamment a réalisé une autre campagne dans les Pyrénées Centrales (à Betpouey), et a permis de révéler la "contre-musique" et le "charivari" et ses instruments si spécifiques, dont notamment le touhoulou. — Pour plus d'info (Claudie Marcel-Dubois)

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Ernest Saout


En 1949 au parc du Plessis à Saint-Nazaire, Ernest Saout, surnommé “l'homme le plus fort du monde”, soulève avec ses dents une demi-barrique remplie d'eau.






Architectures camouflages durant la guerre à Saint-Nazaire







Merzbau


Le Merzbau est une œuvre d'art dont l'auteur est Kurt Schwitters, consistant en une construction habitable de dimension variable constituée d'objets trouvés.
Entre 1923 et 1937, le Merzbau (construction Merz) envahit progressivement l’atelier et l’appartement de l’artiste allemand Kurt Schwitters à Hanovre. Constitué d’un agrégat d’objets trouvés, de souvenirs personnels, de parois et coffrages en plâtre blanc aux arêtes nettes, c’est à la fois une installation, une habitation, et une transposition spatiale de la personnalité et de l’expérience de l’artiste. En perpétuelle évolution, il est peu documenté, mais l’envergure du projet lui-même fascine. Il sera détruit en 1943 par un bombardement allié. A partir de rares photographies et des souvenirs du fils de l’artiste, Peter Bissegger le reconstruit à échelle : 1 en 1981-83 pour le musée Sprengel de Hanovre, qui le prête en 2011 au musée d’art de Berkeley (Californie).
Schwitters travailla de 1919 à 1933 sur la forme Merzbau qui atteint la taille de huit pièces dans sa maison de Hanovre. L'arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne en 1933 contraignit Schwitters à l'exil en Norvège. Il y entama la construction d'un nouveau Merzbau dans les environs d'Oslo, mais le laissa inachevé suite à l'invasion du pays ; les restes de ce site brûlèrent en 1951. Il fuit à nouveau, cette fois vers la Grande-Bretagne où il fut interné jusqu'en 1941 en tant qu'Allemand. En 1945, malgré une santé fragile, il reprit la construction d'une nouvelle œuvre connue sous le nom de Merzbarn, soutenu par le Museum of Modern Art de New York. A son décès, il n'avait terminé qu'un seul mur. On peut le voir aujourd'hui à l'université de Newcastle upon Tyne.
Dada, en Allemagne, est très engagé politiquement, en tous cas beaucoup plus qu’à Zurich. Schwitters ne fut pas admis au Club Dada Hanovre car son travail n’avait pas suffisamment de « portée politique ». Il fait sa révolution esthétique en inventant le mot Merz. Lors d’une de ses collectes, au hasard de ses déambulations urbaines, il trouve un imprimé : Kommerz und Privat Bank, le découpe et ne garde que Merz qu’il déclinera. Un Merzbild est un tableau Merz, des Merzzeichnungen : des dessins Merz… Le Merzbau, quant à lui, est une sculpture protéïforme, une accumulation où se cachent des niches individuelles consacrées à ses amis artistes. Cette colonne de débris et de formes rigoureuses s’élève jusqu’au plafond. Dans les cavités, on trouve, non détournés, la cravate de Théo Van Dœsburg, un crayon de Mies Van der Rohe. Cette construction-support à reliques où l’on peut voir une mèche de cheveux, un dentier, jusqu’à un flacon d’urine, étouffe dans cet appartement de Hanovre. L’artiste veut poursuivre sa « cathédrale érotique », découpe le plafond de la maison familiale, traverse trois étages et occupe au final quatre pièces.

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video: Merzbau & Kurt Schwitters








L'hydravion géant Richard-Penhoët


L'hydravion géant Richard-Penhoët, à cinq moteurs de 420 CV (penta moteurs), dont l'envergure atteint 39,25 m et dont le poids en charge pour les vols de recette, dépassait 18 tonnes.
Dès 1923, les Chantiers de Penhoët, spécialisés dans la construction navale et situés, sur les bords de la Loire, à proximité de Saint-Nazaire, s'intéressèrent à la construction d'hydravions. Le résultat allait être le pentamoteur Richard-Penhoët, appareil de transport à coque destiné à la ligne Marseille-Alger. Ce prototype d'hydravion de transport (1 seul construit), resté unique par suite de ses performances médiocres, ne fut pas suivi. Premier vol le 25 juin 1926.
Lors des essais de l'avion Richard-Penhoët 2, en avril 1928, l'avion s'est brisé en vol et est tombé dans la Loire, tuant le mécanicien naviguant.
Ensuite, l'ingénieur Richard s'est exilé en U.R.S.S ou il a travaillé à la réalisation de plusieurs avions dont le Maxime Gorki.
Plus tard : le 24 août 1929, premier catapultage (à air comprimé) d'un hydravion Gourdou-Leseurre L.3 à Saint Nazaire.

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Robert Walser


La construction de l’écriture de Walser en tant que sinthome (hypothèse élaborée par Jacques Lacan: comment un travail d’écriture peutt être radicalement distinct de l'articulation de la parole) se développe à partir du début des années 1920 sous une forme éminemment paradoxale – les « microgrammes » – qui voit l’écrivain cesser progressivement de publier des textes autres que des feuilletons et inventer une forme matérielle d’écriture porteuse d’une disjonction entre la forme brute de l’écrit et le texte accessible à un lecteur et susceptible d’être publié. Précisons dès à présent que le nom de « microgrammes » n’est pas employé par Walser lui-même, qui parle dans sa correspondance (en trois occurrences seulement) de « crayonnure » ou de « méthode du crayon », dans un contexte où il fait état d’une douleur physique et mentale à laquelle il impute son abandon de l’écriture à la plume vers les années 1917-1919.
Cinq cent vingt-six feuillets couverts d'une écriture minuscule au crayon ont été retrouvés dans les archives de Robert Walser. La précision, l'élégance de leur graphisme les désignent comme un chef d'œuvre de calligraphie. Déchiffrés, puis publiés au prix de vingt ans de travail, ils ont révélé un pan bouleversant de la création du grand écrivain suisse: proses, poèmes, roman, scènes dialoguées - aboutis dès leur gestation, cueillis à fleur d'improvisation. L'enjeu littéraire et le geste du calligraphe entrent ici dans un rapport de réciprocité: la belle écriture embellit ce dont elle s'empare.
Pourquoi cet atelier installé dans une maison de poupée? Pourquoi ces supports disparates? Pourquoi le choix du crayon? Pourquoi une graphie aux limites de l'illisible?

« Je me rappelle, et je suis parfaitement sincère quand je crois qu´ils ne seront que très, très peu nombreux à comprendre ce que je vais dire maintenant, je me rappelle, dis-je avec une modeste témérité, que chaque fois que je passais un vieux pont de bois, que je me trouvais devant un portail de parc, que mes yeux plongeaient sur quelque plaine, que je contemplais quelque panorama, ou que je tâchais d´évaluer, d´apprécier une ambiance matinale ou vespérale, il ne me venait que des réflexions sérieuses, sur moi et sur l´humanité, sur l´Être et le firmament, mais chose étrange, dès que je me décidais à écrire, des fôlatries se mettaient à voleter tout autour de moi, on eût dit que l´écriture me paraissait comique, en sorte que j´ai peut-être gardé beaucoup de choses par-devers moi. Je confesse d´ailleurs bien volontiers ce détail qui me caractérise, à savoir qu´en écrivant, j´ai tu, pour ainsi dire, pas mal de choses, et cela, sans la moindre préméditation, car comme écrivain, je formulais de préférence ce qui pouvait n´être pas trop ardu, pas trop délicat à dire, le plus facile, tandis que tout ce qui était difficile je le gardais en moi quand je sortais vaquer à ce qui m´a occupé ici, certes fugitivement seulement, selon ce qui semble être mon habitude. » — (Robert Walser)

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Plus d'info (Éditions Cécile Défaut, Nantes)
Plus d'info (Nouvelles Éditions Cécile Défaut, Nantes)







Benjamin Péret


Benjamin Péret, né à Rezé, près de Nantes, en 1899, entre après des études sommaires, dans ce qu’on appelle la vie active avec la guerre de 1914-1918, « ce qui a tout facilité » dira-t-il! Cette expérience désastreuse le conduit en effet à chercher comment « changer la vie » et « transformer le monde ».
Le premier recueil de poèmes de Péret, publiè en 1921, porte un titre très significatif: Le Passager du transatlantique . Quand on sait que Péret passera dix années de sa vie en Amérique (Brésil 1929-1931, Mexique 1941-1948, Brésil encore 1955-1956) ce titre ne laisse pas de paraître quelque peu prémonitoire. Rien n’interdit de penser que le jeune Péret eut plusieurs fois l’occasion, enfant, de rêver de départ pour des terres inconnues, en contemplant les gros bateaux ancrés non loin de Rezé, où il demeurait, dans le port de Saint Nazaire d’où partaient alors les lignes postales à destination de l'Amérique. Entre 1921 et 1924, Péret, qui participera aux fameuses expériences des sommeils hypnotiques, au cours desquelles il tient, selon Breton, un discours jovial, écrit la plupart de ses contes où règne une fantaisie débridée, et explore toutes les voies ouvertes par l’automatisme.
Mobilisé, Péret est incarcéré en mai 1940 à la prison de Nantes, pour ses activités politiques. Libéré à la faveur du désordre général, il gagne la zone libre et, de Marseille, s'embarque pour le Mexique. Il y restera, auprès de sa nouvelle compagne, le peintre espagnol Remedios Varo , jusqu'en 1948. Au Mexique, il entreprend des recherches approfondies sur les mythes précolombiens et les légendes populaires d'Amérique. Ce qui nous vaudra, en 1955, une traduction précédée d’une superbe introduction du Livre de Chilam Balam de Chumayel. En 1960, après la mort du poète, sera publiée son Anthologie des mythes, légendes et contes populaires d'Amérique , avec en préface le fameux texte La Parole est à Péret dans lequel, conscient de ce qui vivifie son oeuvre depuis toujours, Péret établit magistralement l’analogie entre la démarche poétique et la pensée mythique.

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La Revolution Surréaliste n°8 (Décembre 1,1926)
(Photo prise à Plestin-les-Grèves (Côtes-d'Armor, près de Lannion) où habite la famille d'Yves Tanguy, Benjamin Péret en costume de bain devant l'objectif de Marcel Duhamel)

« À la campagne, à neuf heures du soir, Péret décide tout à coup et de façon péremptoire qu’étant donné la pleine lune, il faut aller faire des provisions pour le lendemain dans les champs des paysans voisins qu’il déteste autant que les commerçants, les flics, les curés et les staliniens ; il se livre alors à un pillage en règle dans une culture d’artichauts dont il rapporte un fort grand nombre et qu’il étale à son retour, par rang de taille sur une table, en riant formidablement. » « On a incriminé son à “mauvais caractère”, son goût de l’invective vis-à-vis de tous les curés. Insulter les magistrats, l’Église et les flics, c’est se conduire en crapule ! Il y allait pour lui de tout son style d’existence. »






Max Ernst


Résidant illégalement en France, Max Ernst doit se réfugier à Pornic. Il a d'ailleurs signé le manifeste surréaliste contre la guerre du Maroc, « La Révolution d'abord et toujours », qui sera diffusé en août. De passage à Pornic, Max Ernst applique au plancher du relais Saint- Gilles, ancien hôtel de France, sa technique personnelle du crayonné.
Il affirme avoir réalisé ses premiers “frottages”, le 10 Août 1925, “par un temps de pluie dans une auberge au bord de la mer”. La mention du lieu figure dans son autobiographie de manière précise : “Max passe les vacances à Pornic, petite plage sur la côte de Bretagne. C'est là qu'à la vue d'un parquet usé, il a l'intuition de ce que sera la technique du “frottage”.” “L’histoire naturelle” de Max Ernst, portfolio publié en 1926, réunit plus de trente reproductions de frottages réalisés en appliquant sur différentes surfaces une feuille de papier passée ensuite à la mine de plomb.
Frottage: on frotte avec un crayon la feuille de papier (ou la toile) posée sur une surface rugueuse ou veinée (bois, tissus, vannerie, pièce de monnaie, etc.); les aspérités de cette surface apparaissent sur la feuille (Ernst, 1924). Les dessins ainsi obtenus perdent de plus en plus, à travers une série de suggestions et de transmutations qui s'offrent spontanément, à la manière de visions hypnagogiques, le caractère de la matière interrogée (le bois) pour prendre l'aspect d'images d'une précision inespérée, de nature probablement à déceler la cause première de l'obsession ou à produire un simulacre de cette cause. C'est par ce procédé qu'il créa son “Histoire Naturelle” en interrogeant des matières telles que “des feuilles et leurs nervures, les bords effilochés d'une toile de sac…

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video: Max Ernst and frottage
Max Ernst über Frottagen








Léon Poirier et La Brière




Drame réalisé en 1924/25 par Léon Poirier (1884 / 1968), réalisé pour la CUC (Compagnie Universelle de Cinéma fondée en 1920, grand fournisseur de films agricoles par des commandes par le Ministère de l'Agriculture). Avec José Davert (Aoustin), Armand Tallier (Jannin), Laurence Myrga (Théotiste), Jeanne Marie-Laurent (Aoustine).
De mars à Juin 1924. Studios Gaumont, Saint-Joachim, Brière (44). ppp : 23 avril 1925.
Dans les terres de la Brière vivent des hommes et des femmes rudes et frustes. Une âpre dispute éclate à propos de l'assèchement des marais pour la fabrication de briques. Un vieillard, Aoustin, mène la résistance au projet d’assèchement, et refuse de donner la main de sa fille Théotiste à un jeune paysan, Jeannin, qui y est favorable.

Réalisé en 1925 d’après le célèbre roman d’Alphonse de Châteaubriant, le film – muet – est accompagné d’une musique du compositeur nantais Paul Ladmirault (Poème Symphonique, Suite d'Orchestre).
L’histoire : à la fin du XIXème siècle, Aoustin, garde-chasse du marais et des tourbières, refuse l’exode des Briérons vers les forges de Trignac. Trahi par sa fille qui veut épouser un vannier qui n’est pas du marais, notre héros la poussera au suicide et pardonnera à son séducteur, prenant la stature d’un héros de Dostoïevski. Pour l’Abbé Maugendre, biographe de Châteaubriant : « Aoustin a les traits de Jacquou le Croquant… plus sollicité par le grand Pan que par le dieu chrétien ».
Châteaubriant avait commencé à écrire La Brière en 1913, mais le manuscrit disparut lors de la Grande guerre où l’écrivain resta mobilisé quatre ans. En 1919, Châteaubriant se remit à l’ouvrage, plongeant dans l’atmosphère ensorcelante du grand marais breton. Comme dans les récits panthéistes de Giono, le véritable héros du roman c’est la nature, avec les paysages qui finissent par l’emporter sur les personnages. Une version briéronne des amants de Vérone Roméo et Juliette,
La Brière reçut en 1923 le grand prix du roman de l’Académie française. La critique unanime – de l’Humanité (« un très beau livre puissant et sombre ») au Figaro (« un curieux et ample roman qui fait songer à Barbey d’Aurevilly ») – salua un chef d’œuvre. « Maintenant ton nom est inscrit dans l’histoire littéraire de France », écrira à l’auteur son ami Romain Rolland.
Avec plus de 600.000 exemplaires, La Brière connut le plus fort tirage de l’entre-deux-guerres. Réédité sans interruption durant plus de 60 ans, le chef d’œuvre d’Alphonse de Châteaubriant fut illustré notamment par des artistes aussi prestigieux que R-Y Creston et Mathurin Méheut.
Intrigue du roman : une intrigue policière : le héros Aoustin est à la recherche des lettres patentes de 1784 qui confirme les droits accordés en 1461 par François II Duc de Bretagne (le père de la duchesse Anne). Ce document affirme la copropriété en indivis des 7000 hectares du marais de Brière pour l'ensemble des briérons : droits de chasse, de pêche, de coupe de la motte (tourbe pour le chauffage), de coupe du roseau pour le toit des chaumières ou pour la litière des bêtes, le droit d'y mettre en pâture ses animaux. En effet une société de la ville veut remettre en cause ces droits ancestraux sur une partie du marais : il faut retrouver les lettres patentes…
Une étude sociologique : les dures conditions de vie, le marais souvent isolé du reste du monde lors des inondations (caractères d''îliens'), la vie en autarcie, l'indépendance accordée aux briérons dès 1461 (et la fierté qui en découle). Autant d'éléments qui ont façonné un caractère briéron particulier qui inspire le respect.


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Paul Ladmirault.
Né à Nantes le 8 décembre 1877 où son grand-père fut raffineur. Il suit les cours du lycée de 1890 à 1895. Il est le condisciple d’Alphonse de Châteaubriant et, un temps, de son ami Émile Laboureur. Parallèlement il étudie la musique. En 1888 il compose une « Sonate pour violon et piano » et reçoit les encouragements de Bourgault-Ducoudray. A quinze ans, élève de seconde, il compose son premier opéra, Gilles de Rais, qui, donné à la salle des beaux-arts de Nantes le 18 mai 1893, rencontre les faveurs de la presse. En 1895, il entre au Conservatoire de Paris où, de 1897 à 1904, il est l’un des élèves préférés de Gabriel Fauré et le condisciple de Florent Schmitt, Maurice Ravel, Georges Enesco. Sa carrière parisienne est alors brillante ; il est l’un des animateurs de la Société nationale de musique ; il reçoit les encouragements de Debussy pour Le Chœur des Âmes de la Forêt tandis que Fauré et Ravel sont ravis par sa Suite bretonne. Après la première guerre mondiale, il quitte Paris, revient à Nantes et n’aspire plus qu’au calme, propice au travail, de sa propriété de Kerbili dans la presqu’île guérandaise. En 1920 il est nommé professeur de contrepoint et de fugue au conservatoire de Nantes. Dans le catalogue important de ses œuvres, relevons un opéra, Myrdhin, un ballet, La Prêtresse de Korydwenn, dansé à l’Opéra de Paris, une suite d’orchestre, La Brière, pour un film de Léon Poirier, tiré du roman La Brière de son ancien condisciple Châteaubriant. » — Source : Dictionnaire biographique in Nantes. Le Lycée Clemenceau. 200 ans d’Histoire p. 415 (Nantes, Editions Coiffard, 2008)











Willy Wolf


Le 31 mai 1925, un jeune émigré de 25 ans, Willy Wolf, défie la mort : il tente un saut impossible du haut du pont transbordeur de Nantes. Les témoins le décrivent tendu : il sait qu'il risque gros, au point de confier un testament à ses amis. Mais il ne veut pas reculer, lui qui vend depuis des semaines des cartes postales vantant son titre de champion du monde de plongeon, lui qui crie aux portes de l'usine de Batignolles où il travaille comme ajusteur : « Achetez l'homme qui va mourir. »
Il ne veut pas reculer. Il ne le peut plus. Il enjambe avec souplesse les haubans. Devant les caméras de la Gaumont, il se suspend à un trapèze, s'entoure d'un bandeau enflammé pour pimenter le spectacle, puis lâche prise. On le voit réapparaître quelques secondes puis les tourbillons de la Loire l'emportent. « Trompe-la-mort » perd son dernier combat. On retrouvera son corps six jours plus tard. Avec un constat terrible : son décès serait dû à une asphyxie provoquée, non par la noyade, mais par les fumées du bandeau enflammé. C'est déjà presque inconscient qu'il serait tombé dans le fleuve.
Cela n'aurait pu être qu'un simple fait divers bien vite oublié. Mais, quatre-vingts ans après, la folle tentative de l'ajusteur polonais suscite encore de l'émotion et des interrogations. Qui était-il vraiment ? Enterré au Pellerin sous le nom de Willy Wolf, il apparaît dans les registres de décès sous le nom de Willy Wilhem, qui vendait des cartes postales sous le nom de W. W. Wilszon, artiste américain… Il se serait, en réalité, appelé Wladislas Kubera, selon ses compatriotes polonais. Cette détermination à se mettre dans la peau d'un autre inspira cinéaste et écrivain. Loïc Gatteau réalisa « Le pont » pour mettre en scène « le singulier destin d'un homme qui s'évertua à être plus qu'un simple ouvrier polonais immigré en France » .

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Erik Satie


Erik Satie, Ouest-Éclair, 9 février 1922, n. 7404

À gauche : Erik Satie, Ouest-Éclair, 9 février 1922, n. 7404
Erik Satie et Henry Cowell dans le quotidien Ouest-Éclair, la musique contemporaine de l'époque vue de Nantes :

Erik Satie et Henry Cowell, Ouest-Éclair, 30 janvier 1924, n. 8173

À droite : Erik Satie et Henry Cowell, Ouest-Éclair, 30 janvier 1924, n. 8173






Claude Cahun


Née à Nantes en 1891 sous le nom de Lucy Schwob, Claude Cahun, photographe, poète, actrice, artiste électrique et inclassable, de renommée internationale, traversée par le surréalisme, passe, dans les années vingt, ses vacances dans une maison située sur le port du Croisic. Elle y écrit Vues et Visions, un texte poétique d’une singularité troublante qu’elle publie dans les années vingt, avec des illustrations de son amie nantaise Marcel Moore (Suzanne Malherbe). Elle est la fille de Maurice Schwob, propriétaire du journal laïque et républicain nantais : le « Phare de la Loire ». Elle étudie au Lycée de Nantes jusqu’à ce que, victime d’antisémitisme de la part de certaines de ses comparses, elle soit envoyée par son père, étudier en Angleterre.
Ses parents sont propriétaires d’une maison sur le quai du Croisic où ils viennent se reposer. Le premier texte de Claude Cahun est publié en 1919 : « Vues et Visions » est inspiré par Le Croisic. Il a probablement été écrit dès 1912.
Claude Cahun a séjourné au Croisic elle s'est fortement imprégnée par des amitiés ainsi que par l’ambiance très particulière du Traict, admirative de sa beauté de sa beauté et peut-être surtout de sa lumière propice à une traduction poétique admirablement servie par les photographies qu’elle a réalisé souvent depuis l’appartement qu’elle occupait sur le port.Un livre intitulé « Vues et visions » à été édité en 1916. Très intimiste, poétique et largement autobiographique, son œuvre, en particulier photographique, est très personnelle et échappe aux tentatives de classification ou de rapprochement. Son appartenance au mouvement surréaliste est dépassée par une inspiration très baudelairienne et la quête d'un mythe personnel. Elle ne cherche ni à provoquer, ni à « faire spectaculaire ». C'est elle-même qu'elle cherche, dans un jeu de miroirs et de métamorphoses permanent, entre fascination et répulsion dans une œuvre en grande partie composée d'autoportraits. De son goût pour le théâtre, elle tire une véritable passion de la mise en scène, d'elle-même comme des objets. Ainsi, elle use de déguisements, de maquillage, se rase la tête et les sourcils, etc.
En 1938, elles s’installent à Jersey. Pour l’époque, elles sont considérées comme des femmes déjà âgées et originales. Comme le père de Claude a épousé la mère de Suzanne, les gens les appellent « les sœurs ».
En 1940 cette île est occupée par les Allemands. Dès cette date, elles mènent des actions de résistance, pour le moins insolites. Elles rédigent des tracts en allemand qu’elles signent « Le soldat sans nom ». Elles les glissent sur les pare-brises des voitures des officiers. Leur stratégie est de les démoraliser. Elles ne sont pas soupçonnées avant juillet 1944 où elles sont arrêtées et condamnées à mort. Leur peine est commuée en février 1945 et elles sont libérées le 9 mai 1945. Leur demeure a été pillée par les occupants et nombre de leurs œuvres ont été détruites. La prison a fortement ébranlé la santé de Claude, qui meurt en 1954.
Elle préfigure par ses installations des photographes contemporains comme Alain Flescher ou des plasticiens comme Christian Boltanski. Son œuvre est souvent rapprochée du travail de Cindy Sherman (mise en scène de soi, déguisement…) mais là où Sherman s'interroge sur l'image de la femme dans la société, Claude Cahun va au-delà de son statut de femme.
Il faut attendre les travaux de Man Ray, qu'elle connaissait, et surtout de Bellmer pour que ce type d'ouvrage rencontre le public. Elle n'est véritablement reconnue qu'à partir de 1992.

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Jacques Vaché


« Je retrouvais Vaché et ses camarades au Jardin des plantes ou au Café de France. Le vrai génie du groupe, c’était Pierre Bissérié, qui est mort fou. Breton aurait été épaté par lui ! Au fond, c’est l’esprit de Bissérié qui lui parlait à travers Vaché… Donc, le 6 janvier, j’étais à Nantes. Je rencontre Vaché et son ami Bonnet place Graslin. Ils me disent : “Viens donc, Nous avons de la confiture.” Je devais rentrer à Saint-Nazaire. Alors, je refuse et je leur dis au revoir. Ils ont loué la chambre où les rejoignirent Caron, Maillocheau et un Américain,Woynow. Caron fut sauvé par son père, un stomatologiste qui habitait rue Racine. Bonnet mourut avec Vaché. Woynow me demanda de lui servir d’interprète au procès, où Caron fut innocenté. Pour moi, ce fut un accident, pas un suicide. Bonnet aimait trop la vie pour accepter de mourir avec Vaché, et lui, je le sais, ne s’était jamais drogué avant. » — (Pierre Lanoë)

« C’est à Nantes, où, au début de 1916, j’étais mobilisé comme interne provisoire au centre de neurologie, que je fis la connaissance de Jacques Vaché. Il se trouvait alors en traitement à l’hôpital de la rue du Boccage pour une blessure au mollet. D’un an plus âgé que moi, c’était un jeune homme aux cheveux roux, très élégant, qui avait suivit les cours de M. Luc-Olivier Merson à l’école des Beaux-Arts. Obligé de garder le lit, il s’occupait à dessiner et peindre des séries de cartes postales pour lesquelles il inventait des légendes singulières. La mode masculine faisait presque tous les frais de son imagination. […] Chaque matin, il passait bien une heure à disposer une ou deux photographies, des godets, quelques violettes, sur une petite table à dessus de dentelle, à portée de sa main. […] Nous nous entretenions de Rimbaud (qu’il détesta toujours), d’Apollinaire (qu’il connaissait à peine), de Jarry (qu’il admirait), du cubisme (dont il se méfait). Il me reprochait, je crois, cette volonté de modernisme […]. Dada n’existait pas encore et Jacques Vaché l’ignora toute sa vie. Le premier, par conséquent, il insista sur l’importance des gestes, chère à M. André Gide. […] Jacques Vaché, à peine sorti de l’hôpital, s’était fait embaucher comme débardeur et déchargeait le charbon de la Loire. Il passait l’après-midi dans les bouges du port. Le soir, de café en café, de cinéma en cinéma, il dépensait beaucoup plus que de raison, se créant une atmosphère à la fois dramatique et pleine d’entrain, à coup de mensonges qui ne le gênait guère […]. Je dois dire qu’il ne partageait pas mes enthousiasmes et que longtemps je suis resté pour lui le « pohète », quelqu’un à qui la leçon de l’époque n’a pas assez profité. Dans les rues de Nantes, il se promenait parfois en uniforme de lieutenant de hussard, d’aviateur, de médecin. Il arrivait qu’en vous croisant il ne semblât pas vous reconnaître et qu’il continuât son chemin sans se retourner. Vaché ne tendait la main pour dire bonjour, ni pour dire au revoir. Il habitait place du Beffroi une jolie chambre, en compagnie d’une jeune femme dont je n’ai jamais su que le prénom : Louise, et que, pour me recevoir, il obligeait à se tenir des heures immobile et silencieuse dans un coin. A cinq heures, elle servait le thé, et, pour tout remerciement, il lui baisait la main. A l’en croire, il n’avait avec elle aucun rapport sexuel et se contentait de dormir près d’elle, dans le même lit. C’était d’ailleurs, assurait-il, toujours ainsi qu’il procédait. » — (André Breton)

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Jacques Vaché: Le Foot-ball, Un arrêt de dribling


Jacques Vaché: portrait par Aragon






Groupe des Sârs


Lettre du 18 août 1917 à André Breton : « L'art est une sottise - Presque rien n'est une sottise - l'art doit être une chose drôle et un peu assommante - c'est tout […] D'ailleurs - l'Art n'existe pas, sans doute - Il est donc inutile d'en chanter - pourtant : on fait de l'art - parce que c'est comme cela et non autrement - Well - que voulez-vous y faire ? » — (Jacques Vaché)
« Condamnation sans appel du vieux monde, critique radicale de l’art, les Sârs ont effectivement les mêmes sentiments que les dadaïstes mais ils ne les expriment pas de la même façon. Au fond, ne s’agit-il pas, à Nantes et à Zurich, d’une révolte commune à toute jeunesse de l’époque, à quelque nation qu’elle appartienne, confronté à la faillite de la civilisation ? »
Les “SARS” potaches Nantais (Eugène Hublet, Jean Sarment, Pierre Bisssérié, Jacques Vaché, Pierre Riveau ou Rigaud, Paul Serre, Paul Bonnet, André Caron, Pierre Lanoë, etc.), « C'est à Nantes qu'est né le monde » écrit Louis Aragon dans sa préface à l’exposition de 1926 du peintre Pierre Roy. L’idée de cosmogonie ici sous-jacente n’est pas indifférente. « Le nouveau monde » c'est aussi le titre de cet ouvrage que Villiers de l'Isle Adam, grand ordonnateur du Symbolisme, a choisi d'écrire à Nantes, mais aussi le titre pressenti initialement pour Littérature, la première revue des futurs surréalistes.
Ils étaient quatre, nés entre 1895 et 1897, jeunes poètes en colère, anarchistes, unis par leur passion des arts et des lettres et qui rêvaient de démolir puis conquérir le monde. Réunis au Lycée de Nantes, Jean Sarment, Jacques Vaché, Eugène Hublet et Pierre Bisserié constituaient ce Groupe des Sârs, en quête d'un Esprit nouveau. Ils testèrent l'écriture automatique, les traits d'esprit, le coq à l'âne et les liqueurs rares. Le Groupe de Nantes naquit officiellement en février 1913 avec En route, mauvaise troupe…, journal polycopié “reproduit au moyen d'un système de gélatine fondue et refroidie” qui fit grand bruit… jusqu'à Paris. Puis créa une seconde revue Le Canard sauvage, avant que la guerre n'éclate.
Si c’est pour une question strictement politique – l’antimilitarisme – que le Groupe de Nantes se fait remarquer en 1913, les préoccupations de ses membres ne semblent pas se situer précisément sur ce plan. Seul Hublet, Riveau et Sarment évoquent clairement l’anarchisme. « Malgré les résolutions idéologiques fortes affichées dans En route mauvaise troupe, le désir d’action du groupe ne s’exerça qu’exclusivement à l’intérieur du champ artistique » (Allain, 2004, p. 16). Après l’affaire, En route mauvaise troupe s’éteignit, mais le groupe relança son activité de publication avec une seconde revue, intitulée Le Canard Sauvage. le titre de cette seconde revue est soit une référence à Ibsen ou bien un clin d’œil à l’éphémère Canard sauvage (mars-octobre 1903) auquel Jarry collabora.

En route mauvaise troupe… n°1, 1913.
Le Canard Sauvage n°1 à 4, 1913-1914.
Ce que les Sârs ont dit n°1 à 3, 1913-1915.






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