PCPILOTE


SITE ARCHIVES DU PROJET PILOTE ET EXPERIMENTAL — JANV 2014 / SEPT 2016 — PHASE 1 DU PCP —

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Les liens du PCP

Les Imaginaires du PCP

Objets Vicariants


Le terme vicariant s'emploie pour désigner un organe ou une fonction qui joue le rôle d'un autre organe ou d'une autre fonction déficients (un objet vicariant = un simulacre fonctionnel).

« L’Art est un réseau hétérogène à plusieurs dimensions organisé sur un mode fractal. On peut y naviguer librement en validant les connexions établies ou en ouvrant de nouveaux circuits. Interprétation et invention y sont indissociables. » (Cercle Ramo Nash « L’artiste en tant que système », Bloc note n°6, 1994).
S’auto-désignant comme « collectionneurs » et « opérateurs en art », Yoon Ja et Paul Devautour interviennent dans le champ artistique, depuis la fin des années 80, à travers une vingtaine d’artistes, aux démarches très différentes, regroupés dans leur collection. Contrairement à des collectionneurs classiques, ils organisent la diffusion des pièces de leur collection en les proposant à la vente dans des galeries ; et contrairement à des commissaires classiques, ils ont la maîtrise totale du choix des artistes et des œuvres lorsqu’ils organisent des expositions. La chose plus surprenant est le style des textes accompagnant les œuvres : brèves analyses informatives dont le ton distancié et ironique a des effets réducteurs. Cette anomalie ne laisserait pas deviner qu’il s’agit d’une fiction et que cet ensemble de plasticiens et de critiques d’art a pour auteur le couple Devautour. Il s’agit ici de substituer à la notion mythique de création artistique, celle « d’activité artistique », conçue « comme une activité sociale parmi d’autres, sans plus ni moins d’importance qu’une autre et sans plus ni moins de réalité qu’une autre. » Parce qu’il s’agit d’une production artistique soutenue et qu’il n’y a par conséquent aucune raison de ne pas les prendre au sérieux si l’on ne sait pas d’avance qu’elles sont signées par des artistes fictifs, les œuvres de la Collection Yoon Ja & Paul Devautour révèlent les limites des artistes réels et remettent en cause la crédibilité de l’art. À la fois en position de surplomb parce qu’ils sont eux-mêmes « créateurs » de tout le dispositif, et situés en quelque sorte sous la ligne d’horizon puisqu’ils n’agissent jamais en première personne, les Devautour font apparaître en tant qu’œuvre, et avec beaucoup d’humour, la réalité microcosmique d’une communauté qui se pense et se veut universelle. Il ne s’agit ni de morale, ni de politique, mais d’une critique artistique en acte capable de refléter les déterminismes et par là, peut-être, de lutter contre l’évidente « programmation » d’un champ artistique visiblement plus soucieux de se reproduire que de se transformer.

« Il s'agit maintenant de réinventer entre artistes une communication généreuse et désintéressée, capable de construire un monde de l'art transparent et coloré, basé sur le partage et l'échange.“ Maria Wutz, alias Paul Devautour, dans “Art World Wide Web”, Omnibus, n°13, juillet 1995, Paris.

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video: conférence Paul Devautour



Buchal & Clavel, Surface De Genre 2 avec 1 trou, 1991

David Vincent, Devil Tower 2, 1995 + (exemple cabane)
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David Vincent, Devil Tower 1, 1995 (avec mousse à raser)

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Jean Duplo, montage Galerie Sultana


Jean Duplo, Vanités, tableaux 6, 9, 8, 10, 12, 1995






Gilles Petit et le Scorpion Cosmique


25 juin 1982.
Le scorpion de Saint-Nazaire est un instrument de musique inventé en commun par les ouvriers de Saint-Nazaire travaillant le titane, et Gilles PETIT est un musicien engagé par les comités d'entreprise pour favoriser l'accession des ouvriers à la culture et à l'expression musicale. Avec l'aide d'ouvriers de la SNIAS, Gilles PETIT a inventé le scorpion cosmique. Tout en en faisant la démonstration, il explique les matériaux utilisés et le fonctionnement de l'instrument. A Saint Brieuc, avec Serge BLAIRON, il a mis au point un autre instrument, l'archosaure, dont il fait également une démonstration.
Images d'archive INA Institut National de l'Audiovisuel.

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Télécharger un article de Gilles Petit paru dans la revue Musique en Jeu, n° 33, novembre 1978, à propos de son expérience au CCP de Saint-Nazaire :
gillespetit3.pdf






Lycée Expérimental


Lycée Expérimental de Saint-Nazaire
Coordination : collégiale, par l'équipe éducative
Établissement public. Création : 1er février 1982.
Second cycle (de 2de à Terminales)
Effectif actuel : 200 élèves.
Cantine cogérée par les élèves et l'équipe (repas de midi : 2 euros).


C’est un établissement cogéré par les membres de l’équipe éducative (19 personnes) et les élèves (entre 150 et 180 personnes). Le travail dans cet établissement demande intérêt et engagement pour les pédagogies alternatives, la pédagogie en inter et transdisciplinarité et la volonté de travailler en équipe. De plus, chaque membre de l’équipe participe activement à la gestion matérielle de l’établissement, à l’animation et la mise en place des activités institutionnelles et pédagogiques.

Lettre ouverte du Lycée Expérimental de Saint Nazaire,
30 ans après
Nous ne sommes plus dans une époque où l'adresse d'un citoyen aux salutations libertaires à un camarade Ministre est possible. Nous ne sommes plus dans une époque où l'adresse à une personnalité politique renvoie à son engagement, à ses valeurs.
Aussi, cette lettre ouverte vous est adressée, à vous, personnes de bonne volonté qui pensez que l'éducation n'a pas vocation à former des exécutants, des officiants obéissants plus ou moins élevés dans l'échelle sociale. Vous qui pensez que l'éducation vise à faire découvrir à travers la compréhension de la complexité du monde, sa propre capacité à créer sa vie. A inventer avec autrui des perspectives de société.
Il ya trente ans, Gabriel Cohn-Bendit écrivait une lettre ouverte au camarade Ministre. Il y a trente ans, profitant des cent jours de grâce d'un nouveau gouvernement au programme commun de gauche, les tribunaux d'exception étaient fermés, la peine de mort abolie, la cinquième semaine de congés payés accordée, les radios libérées, l'adresse de Gabriel Cohn-Bendit au camarade Ministre entendue.
Il y a trente ans, le lycée expérimental de Saint-Nazaire voyait le jour.
Son projet? Accueillir les jeunes en âge d'aller au lycée désirant chercher et inventer, avec une équipe enseignante volontaire, un autre chemin pour apprendre. Un projet éducatif plongeant ses racines dans les pensées de Rabelais, Erasme, Coménius, Rousseau, Freinet, Decroly, Korczak, Rogers etc…Tous ceux, nombreux, qui placèrent la liberté, le respect mutuel et l'humain comme les incontournables d'un rapport aux autres et aux savoirs.
Ce projet exprimait un besoin de jeunes en devenir et d'enseignants en recherche qui dressaient le constat lucide de l'école au tout début des années 80. Constat terrible d'exclusion, d'ennui, d'uniformisation hiérarchisée.
Ce projet est-il désuet?
L'école a-t-elle changé depuis le début des années 80?
Oui! La hiérarchie, le contrôle, l'évaluation, l'autorité y ont été renforcés pour garder l'illusion d'une construction solide alors que tout s'écroule à l'intérieur de l'édifice.
Le projet du Lycée Expérimental a donc de plus en plus de raisons d'être.
Depuis 1982, il a continué à se construire sur les principes de cogestion, c'est-à-dire, un lycée où les élèves et les enseignants s'organisent seuls en partageant le pouvoir et en choisissant ensemble les savoirs à travailler.
Pendant trente ans, alors que partout ailleurs, la compétitivité, l'efficacité, les données statistiques, le fichage l'emportaient sur toute velléité d'éducation émancipatrice, au lycée, nous avons continué à vivre au quotidien des valeurs telles que la coopération, la confiance, le partage, la responsabilité.
Nous avons continué à lutter contre toute vision simplificatrice du monde et donc de la vie de chacun. Nous avons continué à faire confiance, à parler de confiance. Nous avons continué à prendre en compte les paroles singulières même quand elles étaient minoritaires. Nous avons continué à penser que le travail est émancipateur et jubilatoire pour peu qu'on ait la liberté de le choisir. nous avons continué à faire ensemble même si tout pousse ailleurs à l'individualisme et à la compétition. Nous avons continué à inventer des possibles, plutôt que de rester inertes sous le poids des impossibilités qu'on nous ânonne continuellement.
Nous avons continué à ne pas avoir peur.
Nous avons continué parce que, depuis trente ans, des parents trouvent ici une réponse à leurs recherches, parce que chaque année, de nouveaux jeunes veulent prendre leur vie en main, participer et intégrer ce projet, parce que de nombreux enseignants de France et d'ailleurs viennent échanger avec nous sur d'autres façons de faire et repartent pleins de projets qui se heurtent à la frilosité politique actuelle.
Nous allons continuer parce que nous avons des réponses aux questionnements récurrents qui se posent aujourd'hui sur l'école.
Nous avons des réponses à la violence, à la déshumanisation, à la barbarie, à l'échec, à l'anonymat, à la solitude, à l'infantilisation, à la déresponsabilisation, au manque d'appétence pour les savoirs, à la mercantilisation des savoirs.
Nous allons fêter notre trentième anniversaire les 12 et 13 mai 2012. Vous à qui cette lettre s'adresse: jeunes, parents, retraité(e)s, employé(e)s, paysan(ne)s, cadres, cadres supérieur(e)s, enseignant(e)s, chômeurs(ses), journalistes, ouvriers(ères), hommes et femmes politiques etc… vous êtes les bienvenu(e)s pour découvrir nos pratiques, réfléchir à notre école et donc à notre société.
Ensemble, nous pouvons résister aux sirènes alarmistes qui nous entourent. Nous pouvons défendre une école qui rejette les valeurs que nous impose un modèle social et économique en pleine déroute. Nous pouvons décider que la richesse de chacun ne peut se hiérarchiser à l'aune d'une société marchande. Nous pouvons décider de regarder l'autre comme une singularité en devenir.
Nous pouvons être libres, égaux, fraternels.
L'équipe éducative du Lycée Expérimental de Saint-Nazaire.

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Plus d'info (Lettre ouverte à Mr Peillon, 2014)
Plus d'info (Comité de soutien, 2014)
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Photo d'archives : le lycée expérimental en 1984, dans des locaux provisoires, avec Gaby Cohn-Bendit (l'un des profs à l'initiative du projet).


2014 : manifestation contre une circulaire de l'Éducation Nationale.






Armand Gatti


En octobre 1976, avec la complicité de Gilles Durupt qui dirige alors la MJEP, Armand Gatti lance à Saint-Nazaire, l'expérience de création collective bientôt appelée Le canard sauvage. Pendant plusieurs mois, avec « La Tribu » (son équipe), il va inviter les nazairiens à imaginer textes, spectacles, affiches, films, etc.
Cette admirable entreprise artistique que fut au milieu des années soixante-dix le Canard sauvage d'Armand Gatti - celui qui ne peut voler que contre le vent - fit converger vers Saint-Nazaire, pendant des mois, la réflexion. politique et l'attention de la presse : une ville de gauche, ouvrière, lançait la première une campagne de dénonciation du système psychiatrique soviétique utilisé à des fins politiques et répressives. Au centre de cette effervescence créatrice, deux hommes : Vladimir Boukovski et Semion Glouzman, dissidents soviétiques alors internés dans un hôpital psychiatrique en Union-Soviétique ; et une figure : celle du « petit rentier » dont ils ont fait le personnage central de leur « Guide de psychiatrie à l'usage des dissidents ». Le « petit rentier » c'est l'anti-dissident. Une notion valable bien au-delà de l'Union soviétique de l'époque.

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Video: TV INA Armand Gatti 22 août 1982






Joseph Beuys


“Creativity isn't the monopoly of artists. This is the crucial fact I've come to realise, and this broader concept of creativity is my concept of art. When I say everybody is an artist, I mean everybody can determine the content of life in his particular sphere, whether in painting, music, engineering, caring for the sick, the economy or whatever. All around us the fundamentals of life are crying out to be shaped or created. But our idea of culture is severely restricted because we've always applied it to art. The dilemma of museums and other cultural institutions stems from the fact that culture is such an isolated field, and that art is even more isolated: an ivory tower in the field of culture surrounded first by the whole complex of culture and education, and then by the media which are also part of culture. We have a restricted idea of culture which debases everything; and it is the debased concept of art that has forced museums into their present weak and isolated position. Our concept of art must be universal and have the interdisciplinary nature of a university, and there must be a university department with a new concept of art and science'.” — (Joseph Beuys)

“The sea, the snotgreen sea, the scrotum tightening sea” — James Joyce (Ulysses)

Beuys stands in a urinal at the 40 foot bathing area in 1974 in Sandycove, Dublin. He had come to visit The James Joyce Tower around the corner. The James Joyce Tower is one of a series of Martello towers that now holds a museum devoted to the life and works of James Joyce. Joyce made the tower the setting for the first chapter of his masterpiece, Ulysses. Beuys had hoped to exhibit his six Ulysses sketchbooks in the James Joyce Tower at Sandycove, along with the James Joyce manuscripts which are kept there, and Richard Hamilton's Ulysses drawings. The show was due to open on the magic Joyce date of 7.7.77 but was cancelled after the owners concern at the fragility of the sketchbooks.” (Caroline Tisdall in her book Joseph Beuys We Go This Way, 1998).
In the image (photographed by Caroline Tisdall) Beuys warms the cold Irish Sea. The fact that the image makes reference to two such dominant figures (Joyce and Duchamp) of cultural thought and is of a now dominant cultural figure (Beuys) adds to this potency. Beuys in contemplating Joyce's reference to the Irish sea in Ulysses. And the Irish sea is indeed cold warming up to a barmy 15 degrees in the summer. Beuys also looks out to the rest of Europe, he called Ireland 'The Brain of Europe'.
“Recent history is also been overlooked, I live close to the Forty Foot at Sandycove where the urinal had been boarded up for health and safety reasons. This urinal is actually a very important piece of art made famous by the world renowned conceptual artist Joseph Beuys. Similar to Marcel Duchamps creation of a work of art from a urinal, Beuys intervention or performance at the urinal is a piece of art and important history. Bus loads of tourists visit the spot every day and I am sure many of them are aware of Joseph Beuys, its lamentable and frustrating to think that a visitors attraction is now gone. Dublin is hosting a major international art event in September and surely the urinal by the sea would have been on the list of important things to see?” 07/16/2011 — (Cora Cummins)

The toilet which has served male swimmers at the Forty Foot urinal for 147 years has been closed down by the Health and Safety service.

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video: documentary on Joseph Beuys (1979)
video: Beuys Filz TV (1979)
TV video clip: Sonne statt Reagan (1982)
Satellite TV public address: Documenta 6, 1977 (first live international satellite telecast by artists)
video: Joseph Beuys und seine Klasse - part1part2part3
video: Joseph Beuys - Jeder Mensch ist ein Künstler (Portrait)







Beuys investigating the plant life of Ireland, November 1974 (photographed by Caroline Tisdall)
Beuys. Bog Action (1971) — Beuys réalise Bog Action, en 1971 une de ses premières actions écologiques. Pour protester contre l'assèchement du Zuider Zee, il se lance dans les marécages avec son chapeau.



Beuys at the Giant’s Causeway, Antrim, Northern Ireland, c.1970 (photographed by Caroline Tisdall).
Beuys completing the Brain of Europe drawing for his Hearth installation at the Royal Feldman Gallery, New York 1975 (photographed by Caroline Tisdall).






Scratch Orchestra


Scratch Orchestra Cottage — The Scratch Orchestra was a very prolific group of around 50 people which was defined in its founding constitution as: A large number of enthusiasts pooling their resources (not primarily material resources) and assembling for action (music making, performance, edification). (Musical Times, June 1969). The Scratch Orchestra came out of a series of music composition classes taught by the composer Cornelius Cardew at Morley College just south of Waterloo in London in 1968 along with the performances of the AMM a sound improvisation group. The Orchestra effectively came to an end in 1971 after a process of internal wrangling over the purpose of what we were doing. A group around John Tilbury and Keith Rowe, soon to be joined by Cardew, developed a Marxist-Leninist critique which castigated the open playfulness of the Scratch as at best flippant and at worst reactionary. “Recognition of the crisis was confirmed with the project to build a cottage as an environment for activity, designed by Stefan Szczelkun, for the contributions of the Scratch Orchestra to the Arts Spectrum Exhibition at Alexandra Palace, for two weeks in August” (Cardew 1974). This cottage was to have housed The Refuse Collection. This was a collection of Scratch members' conventional (old) artworks. It was also a place for discussion. A series of 'Discontent' meetings led to a split between the Maoists faction led by Cardew, another group who were unlabeled but broadly anarchist, and a third group of mainly classically trained musicians who were non-political and bemused by the whole affair. — (Stefan Szczelkun)
The “Scratch cottage” was a temporary construction collectively assembled from found materials to a plan by Stefan Szczelkun. It housed the Refuse Collection of paintings, collages and assemblages by members of the orchestra and provided an informal space for performance and discussion over a 2-week period in August 1971. — (Michaels Parsons)
In 1971 I was in The Scratch Orchestra when it was visiting Newcastle and the North East to do its 'dealer concert' series. We were camping just outside Newcastle near the village of Overton. Just across the river was a brightly coloured settlement of about fifty 'shanty' houses. These intrigued me. They were startlingly different from the normal speculative, council or vernacular housing. Many were based on an inventive adaptations that had grown from a basic van or shed. Their improvised collage of found or cheap materials had a direct parallel in our activity in the Scratch Orchestra and I took a morning off to photographs them. Later as I travelled about the country I discovered more and more of these shanties. Although they enjoyed a minor architectural vogue at the time and I wrote short articles for Architectural Design Magazine and Radical Technology, it was to be almost twenty years before the full implications of my fascination with these structures would become clear to me. — (Stefan Szczelkun)

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Son: Scratch Orchestra - Pilgrimage From Scattered Points (1970)
Son: Cornelius Cardew: Smash the Social Contract
Son: Cornelius Cardew: Four Principles On Ireland And Other Pieces, 1974 - Sailing the Seas Depends On the Helmsman







Shanty or 'Plotland' houses in UK (by Stefan Szczelkun)


Banner-making — trade union and political banners in UK






La Soucoupe dans les années 70


Le Palais des sports de Saint-Nazaire ou La Soucoupe est une salle omnisports. La salle contient 2 200 gradins fixes et peut évoluer jusqu’à 3 500 places. Édifiée à partir de 1963 au cœur d’une vaste zone de 52 hectares dédiée aux sports et aux loisirs, le bâtiment a été inauguré en 1970 après sept ans de travaux. Ses architectes, Vissuzaine, Longuet et Rivière ont travaillé en collaboration avec l’architecte de la ville, Joly.
En 1962, la ville souhaite se doter, au cœur de ce nouvel ensemble, d’une salle pluridisciplinaire et modulable pour le sport et les spectacles. En raison de la nature du sol, les architectes imaginent une structure légère en forme de calotte sphérique qui permet de limiter les fondations. La solution d’assoir la nouvelle salle sur une semelle en radier est cependant vite abandonnée au profit d’un système de fondations profondes, dit des pieux Franki. 166 pieux constituent les fondations du bâtiment sur lesquels viennent reposer des poutres externes. Les fondations et les terrassements durent 7 mois. La cérémonie de la première pierre se déroule en octobre 1963.
La soucoupe est ensuite construite sur le principe du voile de béton. Des cercles de béton sont posés de manière concentrique pour obtenir la calotte sphérique. La toiture est également pensée pour être la plus légère possible. Elle est traitée à la manière d’une roue de vélo. Sur des câbles en rayon sont disposés trois couches de matériaux en sandwich (polyvinyle, polystyrène et plaques d’étanchéité). La masse de la toiture est de 12 kg/m2. La calotte sphérique mesure 83 mètres de diamètre à la cime, 21 mètres de hauteur, et 48 mètres de diamètre à sa base. L’ensemble de la structure pèse 900 000 tonnes. — Source: Wikiepdia

La Soucoupe à Saint-Nazaire

Construction de la Soucoupe, 1964 Le la Soucoupe, Saint-Nazaire
Intérieur de la Soucoupe






François Bayle, Espaces Inhabitables à Saint-Nazaire


Espaces inhabitables (1967)
1. Jardins de Rien ; 2. Géophonie ; 3. Hommage à Robur ; 4. Le Bleu du Ciel ; 5. Amertumes.
Création : Paris, Maison de la Radio, le 30 mai 1967. Repris à l’Opéra de Lyon, sur une chorégraphie de Vittorio Biagi, le 29 février 1972. Les Espaces inhabitables donnèrent lieu également à une chorégraphie de Mimi Garrard (Dance Theatre, New York, avril 1969).
Durée totale: 18mn.

Voici, selon ses propres dires, la “véritable première œuvre” du compositeur. Les cinq mouvements qui la constituent ont été composés à la suite, et forment un tout. Cette suite fut composée en trois semaines sur cinq magnétophones, deux filtres continus et une chambre d'échos à partir de sons extérieurs et de sons instrumentaux en studio.
“Espaces inhabitables, c'est tout simplement un propos théorique : celui d'explorer une autre géométrie que celle de la gravitation et des rapports d'échelle habituelle des sonorités normales – c'est à dire d'avoir un champ plus large qui autorise des modalités énergétiques en mutation, et donc un espace qu'on ne connaît pas. C'est pourquoi j'ai dit “inhabitable” ” (François Bayle). Cette démarche fait écho aux conceptions développées par Paul Klee dans sa Théorie de la Figuration, que Bayle connaissait dès cette époque.
Espaces Inhabitables pose notamment le problème des sons “anecdotiques” ou “figuratifs” et de leur rapport avec les sons “abstraits”. L’un des points de départ de la pièce consiste à utiliser des prises de sons stéréophoniques en extérieur (ce qui était à l’époque une nouveauté technique). Ainsi y entend-on des percussions sur les coques de navires d’un chantier naval à Saint-Nazaire, des klaxons dans le radôme de Pleumeur-Bodou (fonctionnant comme un réflecteur de sons), et divers bruits de ressac, de pas sur des graviers, etc. Ce matériel est complété par des prises de sons de cordes de cithare et de piano. Ce travail sur la référence causale des sons permet ici, non pas l’évocation pittoresque, (ainsi que l’avait réalisé avec brio Ferrari dans Hétérozygote en 1964), mais au contraire son dépassement au profit d’une attention à l’avènement du musical à travers eux. L’écoute de “la nature” n’est pas ici recherche d’impressions, évocation du réel à partir des “traces de sons”, mais de lois d’organisation sur lesquelles prendre appui. Entreprise qu’illustre le mot de Picasso : “Je ne copie pas la nature, je travaille comme elle”.
Les sonorités du premier mouvement, jardins de rien, sont pensées selon le critère énergétique allant du fluide au solide, et leur composition envisagée selon des principes de mutations allant de l’un à l’autre. À l’ordre du solide appartiennent : les notes de cithare, les attaques-résonances en général, les figures chromatiques descendantes ; à celui du fluide : les bruits de graviers foulés, les bruissements de vague, les mouvements brusques se dissolvant.
« Des Espaces, à distance je n’ai plus le désir d’alors d’en montrer le «message». Cette œuvre romantique a l’excuse d’être courte, et nos oreilles d’aujourd’hui seront plus surprises de la concision japonaise de chacun des mouvements que par le champ symbolique entrouvert par leurs titres. Un intérêt plus actuel porterait sur l’écriture et les techniques dans ce qui fut ma première œuvre véritable (celle qui m’a lancé sur mes idées d’aujourd’hui). » (Bayle, 2000)
« Par exemple, la musique acousmatique, celle qui, par définition, cache les gestes qui l’on produite. Paradoxalement, c’est de cette musique que le geste est le plus présent. Non pas tellement comme cause immédiate et visible de la production des sons mais comme énoncé d’une forme purement sonore. La musique acousmatique construit un domaine de signification dans cette disparition. »
Géophonie travaille des oppositions entre des “sons fusants” et de violentes percussions-résonances.
Vient ensuite l’Hommage à Robur, qui évoque le héros voyageur de Jules Verne. Mouvement central de la pièce, il en est aussi le plus long. Il s’oppose également aux moments qui le précèdent et le suivent par son allure monolithique, en une seule coulée, qui mène et emporte dans sa course, et auxquels les autres mouvements semblent ajointés par force centripète, et comme en orbite autour de lui. Nous voilà “au coeur du problème” : aux prises avec la présence ou l’ombre centrale d’où sourd la lumière. Cette “énorme chose qui s’oriente” (mi-animal, mi-mécanique), semble se mouvoir au sein d’un plancton à la fois nourricier et aveuglant, lançant des jets de lumière approximatifs, des appels mordants et doux d’animal à vue courte, mais à l’instinct sûr.
Le Bleu du Ciel maintient une constante équivoque mélodique et procède par masquages harmoniques, poursuivant un travail de déstructuration du discours musical “ traditionnel ” à partir de ses “ atours ”. Amertumes, dernier mouvement, reprend le fil rompu du premier, jardins de rien, à travers une fluidité contrariée, où se fait entendre un rappel de Robur.
Cette musique tend à investir un espace “surréel” (sans prendre ce mot dans une référence trop étroite avec le surréalisme). Il est tour à tour suggéré ou exploré, traversé ou affleuré, sans qu’on puisse s’y tenir – et c’est en quoi il est inhabitable. Mais cet inhabitable nous parle de plus près que toutes nos habitations familières et quotidiennes. « Espaces inhabitables », écrit Bayle, « est un propos théorique : celui d’explorer une autre géométrie que celle de la gravitation et des rapports d’échelle habituelle des sonorités normales – c’est-à-dire d’avoir un champ plus large qui autorise des modalités énergétiques en mutation, et donc un espace qu’on ne connaît pas, qui nous exclut : … “inhabitable” ». (Régis Renouard Larivière)

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son: Écouter Espaces Inhabitables (1967)








Maléfices au Passage du Gois


Maléfices (1962)
L'un était aussi petit de taille que l'autre était très grand. Le petit, Pierre Boileau (1906-1989), était Nantais ; le très grand, Thomas Narcejac (1908-1998), natif de Rochefort, lycéen à Saintes. À eux deux, ils ont formé un des plus fameux auteurs de la littérature, des théoriciens du roman policier, où leurs régions respectives étaient souvent mises en valeur dans ces suspenses qu'ils construisirent à quatre mains. Leur roman “D'entre les morts” a servi de base pour Vertigo d'Alfred Hitchcock. Et entre Nantes en Saintes, il y a la Vendée. Et Maléfices.
Cette subtile intrigue, aux allures parfois fantastiques, est un poème d'amour triste et déchiré par cette route submersible entre l'île de Noirmoutier et le continent, soumise à l'attraction lunaire des marées : le Gois. Cette route de 4 km, mi-pavée, mi-goudronnée, « serpentant à travers les sédiments millénaires », dénouera l'intrigue dans la tragédie. Celle d'un vétérinaire de campagne installé avec sa femme à Beauvoir-sur-Mer, son envoûtante maîtresse sur l'île de Noirmoutier, à une époque où n'existait pas encore le pont.
En 1961, aussitôt le livre sorti, sur une adaptation que signe le duo, Henri Decoin (1890-1969) s'attaque au tournage de Maléfices. Le tournage dure plusieurs semaines, essentiellement sur Noirmoutier et bien sûr le Gois.
Juliette Gréco, déjà légende vivante à l'époque, interprète le magnifique rôle de l'envoûtante maîtresse qui habite sur l'île, celle qui revient d'Afrique, tient en laisse un léopard. Jean-Marc Bory joue le vétérinaire. Liselotte Pulver, sa femme. Belle distribution. Bon film. Du solide, avec du caractère. Du Decoin.
Mais le film, en noir et blanc, sera un échec commercial, peu en phase avec la Nouvelle Vague de l'époque. Puis on le verra peu à la télévision, sa dernière programmation datant de 1970. Et il ne reste qu'une copie de ce film, qu'il a fallu restaurer, précieusement conservée à la Cinémathèque française.
Reste aussi le livre. Diamant du roman noir où la véritable vedette se révèle sous la plume à l'infernale poésie du tandem Boileau-Narcejac : le Gois. Le « serpent de mer » assoupi dans l'océan quand la mer l'a recouvert. Le Loch Ness de Bourgneuf ! Le livre existe toujours aux Éditions Denoël et Folio.— Source : article Ouest-France.

La musique du film d'Henri Decoin était signée Pierre Henry.
“Pierre Henry créant ses sons inouïs, expérimente les techniques électro-acoustiques depuis 1950, d'abord á la R.T.F., puis au studio APSOME. […] Pour la première fois, Pierre Henry apporte au film dramatique, à l'occasion d'un long métrage, “Maléfices”, l'expression de ce nouvel art des sons : la musique concrète.”
C'est la première fois (selon Michel Chion) que la musique concrète est utilisée dans un long-métrage de fiction destiné au grand public.

Plus d'info (wikipedia)
video: Les Échos du Cinéma, INA (1962)
















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